La viande bovine, dernier obstacle à la signature de l’accord entre l’Union européenne et l’Australie
L’Union européenne et l’Australie sont à deux doigts de conclure l’accord commercial en négociation depuis 2018. Mais le volume de viande bovine australienne autorisé à entrer sur le marché européen n’est toujours pas tranché.
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Les négociations commerciales entre l’Union européenne et l’Australie entrent dans leur phase finale. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendra à Sydney puis à Canberra du 23 au 25 mars 2026 pour tenter de boucler un accord en discussion depuis 2018. Elle y rencontrera le Premier ministre australien, Anthony Albanese, avec qui elle devra trancher le dernier point de blocage : les volumes de viande bovine que l’Australie sera autorisée à exporter vers l’Europe à des tarifs douaniers préférentiels.
Les organisations agricoles australiennes réclament le droit d’exporter au moins 50 000 tonnes de viande bovine par an vers l’UE à des droits réduits. Du côté européen, les négociateurs auraient mis sur la table un quota de l’ordre de 30 000 tonnes, selon les médias Euractiv et Contexte — un chiffre déjà jugé trop élevé par les représentants des filières françaises et européennes. C’est d’ailleurs ce même volet agricole qui avait fait échouer les discussions en 2023.
Les éleveurs européens inquiets
Le Copa-Cogeca, qui représente les agriculteurs et les coopératives agricoles à l’échelle européenne, a rappelé le 17 mars dans un communiqué que les exploitations font déjà face à « une incertitude extrême, avec des coûts de production en hausse et des revenus en baisse ». Son président, Massimiliano Giansanti, a averti que l’agriculture « ne peut pas, une fois de plus, servir de variable d’ajustement pour obtenir des gains dans d’autres secteurs ».
En France, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont été plus offensifs encore, dénonçant dès le mois de février par voie de communiqué un accord « profondément déséquilibré » et un « Mercosur bis ». À la même période, la Fédération nationale bovine (FNB) a, quant à elle, réclamé un quota zéro, son président Patrick Bénézit affirmant qu’il est « hors de question d’accepter un accord qui augmenterait massivement les importations de viande produite avec des pratiques interdites chez nous ». Le représentant accuse notamment les activateurs de croissance.
Un contexte déjà tendu par le traité avec le Mercosur
Les négociations avec l’Australie s’inscrivent dans un contexte déjà alourdi par la signature de l’accord UE-Mercosur. Ce dernier prévoit lui aussi des quotas d’importation de viande bovine, et doit entrer en vigueur de manière provisoire avant l’été. Pour les éleveurs, la perspective de voir s’additionner ces différents accords est une source de vive inquiétude. Le Copa-Cogeca a d’ailleurs demandé à la Commission de prendre en compte « l’impact cumulatif » de l’ensemble de ces traités commerciaux.
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